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« ... Pour l’instant je suis autorisé à rester. Ce fût le jour le plus monstrueux de ma vie (...). Je dois mon salut au pasteur Manen plus qu’à quiconque... »

Willi Wolfradt, historien de l’art (12 août 1942), in André Fontaine, Un camp de concentration à Aix-en-Provence ? Le camp d’étrangers des Milles, 1939-1943, Edisud, Cahors, 1989.
 


« [Auguste Boyer] nous a descendus par la gaine d’un monte-charge désaffecté. Il s’est laissé glisser le long d’une corde lisse, avec sur son dos, à tour de rôle : moi, mon jeune frère et ma soeur. En transportant ma soeur, il a fait une chute et s’est légèrement blessé à la jambe ; à ce point, il a dû renoncer à descendre ma mère. Le fond de la cage n’ayant pas d’issue, il est reparti seul pour chercher un grand marteau pour briser le mur de l’extérieur. Tout ceci se passait au milieu de la nuit, dans un silence complet, ponctué par des coups de marteau.

(...) Il nous a fait enjamber les fils barbelés qui entouraient le camp et nous a enjoint de nous cacher au bord de la route, d’où peu de temps après, il nous a emmenés chez lui. Il nous a hébergés chez lui.
»


Témoignage de Marcel Neiger
 
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