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Ouvert en septembre 1939 au sein d’une tuilerie située entre Aix-en-Provence et Marseille, le camp des Milles connut un peu plus de trois ans d’activité et vit passer plus de 10.000 internés originaires de 27 pays, en particulier d’Allemagne et d’Autriche. Son histoire se divise en plusieurs phases correspondant aux différentes catégories d’internés qui y séjournèrent : ressortissants du Reich et légionnaires, étrangers désireux d’émigrer, juifs ayant fait l’objet de rafles. On peut lire à travers ces phases l’évolution tragique de la répression dont furent victimes les étrangers et surtout les juifs sous le régime de Vichy, évolution qui culmina en août et septembre 1942 avec la déportation de plus de 2.500 hommes, femmes et enfants juifs vers Auschwitz via les camps de Drancy et de Rivesaltes.
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Première période : un camp d'internement français (septembre 1939-juin 1940)
La déclaration de guerre de la France à l’Allemagne, le 3 septembre 1939, entraîne l’internement de tous les ressortissants autrichiens et allemands qui résident dans le midi de la France dans des « camps » relevant de l’armée française et notamment aux Milles, principal camp du Sud-Est, administrant d’autres camps de transit ou de travail (Alès, Manosque, Les Mées, etc.).
Ces internés sont considérés comme des « sujets ennemis », alors qu’ils sont pour la plupart des anti-nazis qui ont fui le Reich allemand dès 1933 pour se réfugier en France et en particulier dans la région.
On trouve parmi eux une intelligentsia mondialement reconnue : des hommes de lettres (Fritz Brugel, Lion Feuchtwanger, William Herzog, Alfred Kantorowicz, Golo Mann, fils de Thomas Mann…), des hommes de sciences (Otto Meyerof, prix Nobel…), des musiciens et des peintres (Erich Itor Kahn, Hans Bellmer, Max Ernst, Herman Henry Gowa, Gustave Herlich dit «Gus », Max Lingner, Ferdinand Springer, Franz Meyer…).
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Deuxième période : un camp d’internement et de transit de Vichy (juin 1940-juillet 1942)
Sous le régime de Vichy le Camp est rapidement surpeuplé (3.500 internés en juin 1940). C’est là que se situe l’épisode du « train des Milles », popularisé par le film de Sébastien Grall (1995). Au cours de cette période sont transférés aux Milles notamment les étrangers des camps du Sud-Ouest, et en particulier des anciens des Brigades internationales d’Espagne ainsi que des juifs d’Europe de l’Est.
A partir de novembre 1940, le camp, passé sous l’autorité du ministère de l’Intérieur, devient le seul camp de transit en France pour une ré-émigration outre-mer, transit régulier ou illégal avec l’aide de particuliers, d’organisations ou de filières locales et internationales.
C’est de cette période (1940-1941) que datent les fameuses peintures murales réalisées par les internés dans le réfectoire des gardiens. Une grande particularité de ce camp est en effet la forte proportion d’intellectuels et d’artistes qui y développent une vie culturelle active.
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Troisième période : Le temps de la déportation vers Auschwitz via Drancy (août-septembre 1942)
Les déportations des Milles vers Drancy puis Auschwitz s’inscrivent dans le cadre de la « solution finale » décidée lors de la Conférence de Wansee du 20 janvier 1942, et de l’accord des autorités de Vichy pour livrer 10.000 juifs de la zone libre à l‘Allemagne. Au début du mois de juillet 1942, Laval propose d’inclure les enfants âgés de moins de seize ans dans les déportations.
Le 3 août, le camp est bouclé. Femmes et enfants juifs de la région y rejoignent les autres internés avant d’être déportés.
Ne sont pas épargnés les juifs réfugiés politiques ou ayant servi dans l’armée française.
Au total, avant même l’occupation allemande de la zone Sud, plus de 2.500 juifs, hommes, femmes et enfants, ont été envoyés par le gouvernement de Vichy du camp des Milles vers le camp de la mort d’Auschwitz via les camps de Drancy ou, plus tard, de Rivesaltes. Quelques hommes et femmes courageux surent les aider. Certains devinrent Justes parmi les Nations. C’est le cas du pasteur Henri Manen ou du gardien Auguste Boyer.
Au-delà du mois de septembre 1942, le camp, demeurant un centre de transit, vivote : ses derniers occupants quittent ses murs de briques en décembre 1942, un mois après l’occupation de la zone dite « libre » par l’armée allemande.
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« Séparations atroces. Un grand et beau garçon de 17 à 18 ans est entre son père et sa mère qu’il tient par le cou. Il ne pleure pas. Mais il se penche alternativement sur l’un et sur l’autre en frottant son visage contre le leur lentement et doucement avec toute la tendresse du monde. Pas un mot. Le père et la mère pleurent sans arrêt silencieusement. Cela dure, dure. Personne ne parle. Enfin l’autocar s’ébranle. Des plus grands aux plus petits, tous fondent en larmes. Pas un cri, pas un geste. Mais des visages tendus qui en un instant veulent regarder pour l’éternité.»
Témoignage du Pasteur Henri Manen, aumônier du camp, Juste des Nations
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Exposition
« 1942-1944 – 11 000 enfants déportés de France à Auschwitz »
(Serge
Klarsfeld)
Le
Mémorial des Milles accueillera de façon permanente l’exposition
"1942-1944 - 11.000 enfants juifs déportés de France à
Auschwitz" créée par Monsieur Serge Klarsfeld, Président de
l'Association des Fils et des Filles des déportés juifs de France.
Pour
faciliter sa visite par le grand public, la SNCF a mis à disposition
des espaces libres dans vingt des plus grandes gares de France
permettant l’installation des panneaux de cette exposition
itinérante présentée entre juin 2002 et août 2004 à des
centaines de milliers d’usagers de la SNCF.
L’exposition
qui sera installée au Camp des Milles comportera :
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250 panneaux de 0,80 mètre de large sur 1 mètre de hauteur. 150
portraits d’enfants encadrés, de format A3 sont disposés sur ces
panneaux.
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8 panneaux de 1,40 mètre de large sur 1,20 mètre de hauteur
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8 photos de 1,40 mètre de large sur 1,20 mètre de hauteur
L’exposition
« Enfants juifs déportés de France » qui sera installée dans le
Pavillon des Enfants est illustrée ci-après - Document Serge
Klarsfeld
Vues
de l’exposition au siège de la SNCF (Montparnasse, Paris)
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