SÉLECTION DE NOS RESSOURCES CULTURELLES ET CITOYENNES POUR MIEUX VIVRE LE CONFINEMENT



Pour les jeunes et les moins jeunes.


L’humour comme antidote : contre la faim, contre le racisme qui sépare.
Peinture murale dessinée par Karl Bodek, interné au camp des Milles d’où il fut déporté à Auschwitz.



Je suis convaincu que le Camp des Milles sera un lieu important, très important pour les siècles à venir.

Elie Wiesel
Prix Nobel de la Paix

Devant la pandémie, le Site-mémorial du Camp des Milles a dû fermer ses portes et reporter ses actions hors les murs jusqu’à nouvel ordre.

Nos pensées se tournent d’abord vers les victimes et leurs proches, mais aussi vers tous ceux qui font courageusement leur devoir, les soignants en première ligne. Ils rappellent la force de l’humain dans l’homme et doivent être remerciés pour cela aussi.

Les autres sont confinés, comme nous-mêmes, et nous savons que beaucoup souhaitent mettre à profit ce temps suspendu et parfois difficile pour se tourner vers la culture.

Nous avons donc décidé de rester présents, certes à distance, et de partager très librement une sélection de nos ressources culturelles, scientifiques et citoyennes. Nous les proposons bien sûr aux presque 800 000 visiteurs qui ont déjà marqué leur intérêt pour notre Site-mémorial mais aussi à tous ceux qui n’ont pas eu l’occasion de découvrir ce haut-lieu de mémoire et ses activités.

Dans cette page spéciale, peintures, dessins, visite virtuelle, vidéos, chansons, outils pédagogiques, contenus scientifiques ...sont présentés aux jeunes et aux moins jeunes, aux enfants et à leurs parents, et un espace est dédié aux éducateurs.

Des ressources qui seront régulièrement complétées et enrichies.


Une des nombreuses traces fragiles retrouvées sur les murs du Camp des Milles
1/ DECOUVRONS LE SITE-MEMORIAL DU CAMP DES MILLES
2/ ART ET CULTURE
3/ COMMENT APPRENDRE DU PASSÉ ?
4/ LE COIN DES ENFANTS ET DES PARENTS
5/ LE COIN DES JEUNES
6/ LE COIN DES ÉDUCATEURS






1/ DÉCOUVRONS LE SITE-MÉMORIAL

Un lieu témoin et un repère citoyen innovant pour aujourd’hui

Le Site-mémorial du Camp des Milles est un Musée d’Histoire et des Sciences de l’Homme, tourné vers l’éducation et la culture.

Il propose un parcours permanent diversifié, des expositions temporaires, des événements culturels, des activités de sensibilisation, de formation et de recherche, en particulier autour de la Chaire de l’Unesco qu’il a fondée et qui rassemble des scientifiques et des mémoriaux d’une trentaine de pays.

Le camp des Milles est le seul grand camp français encore intact et l’un des très rares en Europe. C’est un lieu exceptionnel à la fois pour connaitre l’Histoire, se souvenir des personnes internées et déportées - parmi lesquelles de nombreux artistes et intellectuels dont les traces sont précieuses - mais aussi pour éclairer le présent grâce à un volet réflexif et citoyen unique au monde, issu d’un important travail pluridisciplinaire de rapprochement des mémoires tragiques de l’humanité. Celles-ci permettent ainsi de comprendre les mécanismes individuels et collectifs de soumission ou de passivité mais aussi les ressorts de la résistance et de la résilience.


Entrez au cœur d’une visite du Site-mémorial du Camp des Milles ! Présentation, découverte du parcours et réactions des visiteurs.

Apprendre de notre passé pour agir aujourd’hui



Un ensemble de connaissances pour mieux appréhender l’histoire des lieux. Et pour saisir l’importance des valeurs de la République à partir de l’histoire de la seconde guerre mondiale et, en particulier, du régime de Vichy.

Visite virtuelle : comprendre et voir


- Déambuler dans les lieux ayant servi à l'internement et à la déportation, dans et autour du bâtiment principal du camp
- Accéder à quelques dessins et traces laissés par les internés


Sur la route...du Camp des Milles


Emission radiophonique du 8/05/2015 de Julie GACON (France Culture)



« En reportage : Visite du Camp des Milles, ouvert au public après 30 ans de bataille. Le parcours muséographique accorde une large place à la sociologie, la psychologie et la philosophie pour montrer les engrenages ayant conduit aux génocides et les possibilités d’y résister. Avec son Directeur Cyprien Fonvielle.

En plateau : Alain Chouraqui, Directeur de recherche émérite au CNRS et Président fondateur de la Fondation du Camp des Milles - Mémoire et Education ».









2/ ART ET CULTURE

CRÉER POUR RÉSISTER

Le Site-mémorial du Camp des Milles est aussi un lieu de culture. Des événements culturels sont proposés tout au long de l’année : expositions temporaires, prestations théâtrales, ateliers, débats, conférences, performances artistiques…
Le retour de la culture vivante aujourd’hui au sein du Site-mémorial est un hommage à la mémoire des nombreux artistes internés qui ont su rester debout, créer pour résister à la déshumanisation imposée qui permet de ne plus traiter des hommes comme des humains.

L’action culturelle, en particulier auprès des jeunes, est aussi une manière de compléter par l’approche artistique et sensible, les explications que la raison, l’histoire et les autres sciences de l’homme, permettent de présenter dans la muséographie. Cette démarche est souvent menée en partenariat avec de grandes institutions culturelles régionales, nationales ou internationales.



Commençons donc cette fois par rappeler l’histoire des artistes au camp des Milles et présenter leurs œuvres retrouvées.

C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai visité le Camp des Milles et contemplé ces peintures, en pensant à la souffrance, mais aussi au courage de ceux qui les ont réalisées, avant de disparaitre dans « la nuit et le brouillard ». Souvenons-nous d’eux, préservons leurs dernières œuvres qui sont pour nous un message.

Simone Veil
Déportée à Auschwitz, Présidente d’honneur de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah







  


Artistes et intellectuels au Camp des Milles :
Résister par la création

Une caractéristique essentielle du Camp des Milles réside dans l’ampleur et la diversité de la production artistique réalisée par les internés, malgré les privations et le manque de moyens. Cette production est surtout abondante durant la première période du camp, entre 1939 et 1940. Mais on la retrouve avec une intensité variable tout au long de l’existence du camp, jusqu’à l’été 1942.

Toutes les disciplines sont concernées : la peinture et le dessin, la musique, la littérature, le théâtre, la sculpture…En parallèle, des scientifiques organisaient des enseignements…


Ce foisonnement s’explique incontestablement par la présence de nombreux artistes et intellectuels, dont certains bénéficient déjà d’une renommée internationale tandis que d’autres, parmi les survivants, ne seront reconnus qu’après la guerre. Il y eut ainsi Tadeus Reichstein, prix Nobel découvreur de la cortisone, et Otto Meyerhof prix Nobel de médecine....

On a retrouvé au moins 400 œuvres d’artistes réalisées au Camp des Milles.

Voir les oeuvres (bientôt disponibles)



CRÉER POUR RESISTER
Max Ernst et Hans Bellmer : deux artistes surréalistes au camp des Milles

« Créer pour résister », ce thème résonne étrangement comme un appel en ces temps difficiles qui touchent notre pays, notre continent, l’humanité entière.

Bien sûr, il n’est pas question de comparer des situations incomparables. Mais, comme toutes les crises, une pandémie place chacun, individu, collectif, institution, devant un choix finalement simple de fermeture ou d’ouverture, de repli sur soi ou d’entraide, d’égoïsme ou de solidarité, d’humaniser ou de déshumaniser. L’art a su souvent sublimer le réel, dans le décalage ou l’humour, dans le génie inattendu, stimulés par le pire, par la sensibilité à vif.
L’expression artistique est un moyen de dire son ressenti tout en s’adressant aux autres, de partager ses peurs et ses espoirs, quelquefois d’agir ensemble, surtout lorsque les conditions ne semblent pas s’y prêter.
Parmi tant d’autres innocents tragiquement internés, c’est ce que firent Max Ernst et Hans Bellmer, emprisonnés aux Milles en septembre 1939 comme « sujets ennemis », alors qu’ils étaient les artistes emblématiques du surréalisme, visés comme « dégénérés » par la propagande hitlérienne, anti-nazis notoires, politiquement, esthétiquement, humainement.


Max Ernst. L’EUROPE APRES LA PLUIE II (1940-1942)
Huile sur toile. 148,2x 54,9 cm. Technique : décalcomanie.

Max Ernst crée alors un mélange de formes et de couleurs dues au hasard. Il observe et y voit apparaître des formes figuratives (personnage, animal …) Si elles ne sont pas suffisamment reconnaissables, il les termine au pinceau, ajoutant un bec, des sabots…


Max Ernst. Apatrides (1939)
Frottage, crayon et gouache blanche sur papier gris.

Max Ernst dessine ces curieuses créatures, faites de limes : Les Apatrides.
Déchu de sa nationalité par le Régime nazi, Max Ernst est lui-même devenu un apatride.

Hans Bellmer. Tête de femme sur une tour (1940) L’œuvre créée ici par l’artiste montre clairement son obsession des femmes et de l'enfermement.
En dépit des mauvaises conditions de vie que Bellmer connut aux Milles, Peter Webb estime qu'il considérait sa détention dans cette tuilerie comme la marque même de son destin d'artiste : avant même son internement, les murs de briques faisait déjà partie de ses rêves intérieurs et de ses motifs d’artiste.


Biographie de Max Ernst

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Biographie de Hans Bellmer

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LE "PETIT MANUEL DE SURVIE DÉMOCRATIQUE" POUR COMPRENDRE ET AGIR





Face aux extrémismes identitaires...
Votre arme pédagogique pour agir !

Pour résister à l’engrenage des extrémismes, des racismes et de l’antisémitisme

PRIX SELIGMANN
Contre le racisme, l’injustice et l’intolérance
Décerné par la Chancellerie des Universités de Paris




L'appel des grands anciens du Site-mémorial du Camp des Milles

Sidney CHOURAQUI, Denise TOROS-MARTER, Louis MONGUILAN
> Cliquez ici pour lire le texte intégral











3/ COMMENT APPRENDRE DU PASSÉ ?

Depuis le Camp des Milles, plus de 2 000 Juifs ont été déportés à Auschwitz où ils ont trouvé la mort pour la plupart d’entre eux. Il reste beaucoup de souvenirs ici et aussi des témoignages artistiques. Il faut y penser par fidélité mais aussi pour les femmes et les enfants qui se trouvaient parmi eux. Nous devons en tirer une leçon, pour que cela ne puisse jamais se reproduire.

Simone Veil
Déportée à Auschwitz, Présidente d’honneur de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah




Personnage entouré : August Landmesser, lors du lancement d’un navire de guerre à Hambourg, le 13 juin 1936, en présence d'Adolf Hitler.


Trois étapes du racisme au génocide :
un outil numérique interactif


Découvrez, à partir de notre outil interactif,
l’engrenage qui peut mener du racisme « ordinaire » jusqu’au crime de masse, voire jusqu'au génocide
.
Il s’agit d’aider chaque citoyen à REPÉRER où en est la société dans un processus déjà enclenché et à y RÉSISTER avant qu’il ne soit trop tard.


Cet outil est le résultat de vingt années de recherches scientifiques pluridisciplinaires sur les génocides du XXe siècle

www.campdesmilles.org/mur-interactif










4/ LE COIN DES ENFANTS ET DES PARENTS

La volonté des initiateurs du Site-mémorial est qu’il s’adresse aussi aux plus jeunes, en cohérence avec les programmes de l’Education nationale. Les parents peuvent accompagner leurs enfants dans la découverte des ressources proposées.
Nous vous proposons donc de découvrir seul ou en famille le parcours de Franz Meyer, interné du camp, dont les dessins sur la vie au camp sont utilisés chaque jour comme jalons de la visite des plus jeunes à la manière d’une BD.

FRANZ MEYER, UN CARICATURISTE AU CAMP DES MILLES

Opposant politique au nazisme, il raconte en dessins son exil depuis l’Allemagne jusqu’aux USA, en passant par son internement au camp des Milles par le régime de Vichy comme « étranger indésirable ».

« Pour aller plus loin »

Biographie détaillée de Franz Meyer (1906–1957)

Franz Meyer est né le 02 mai 1906 à Gelsenkirchen en Allemagne. Dessinateur, c’est aussi un activiste politique allemand membre du Parti Communiste.

Il apprend le dessin technique dans sa ville natale et gagne ensuite sa vie dans plusieurs bureaux d’ingénieurs en Allemagne et en Autriche où il fait ses années d’apprentissage.

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5/ LE COIN DES JEUNES

Dès l’origine du projet de Site-mémorial du camp des Milles, celui-ci a été conçu non seulement comme un lieu de mémoire mais aussi un comme un lieu vivant dont les adolescents s’approprient l’histoire et les leçons pour aujourd’hui...
De nombreux exemples illustrent la capacité des jeunes à devenir des « passeurs de mémoire ». Nous souhaitons partager avec vous certaines de leurs initiatives.
Ils démontrent eux aussi que chacun peut, à sa manière, lutter contre le rejet de l’autre, les racismes, l’antisémitisme et les extrémismes.

Chanson "Au camp des Milles"

Création de la Chanson « Au camp des Milles » par les élèves de 3ème B du collège Rosa Bonheur de Bruges dans le cadre du parcours "Le chant d'action, se souvenir et s'engager" (2015-2016)



Pour découvrir les coulisses de la chanson :

Mille Echos : une BD connectée par et pour des jeunes

A la suite de leur visite au Camp des Milles, un groupe de jeunes de la MJC de Manosque a initié un projet novateur sur la mémoire et l’éducation citoyenne, la lutte contre les racismes, l’antisémitisme et les extrémismes.
Cette BD connectée est le résultat de leur travail.

Un projet labellisé par la Fondation du Camp des Milles - Mémoire et Éducation.

Feuilletez la BD

Téléchargez la BD

Pour en savoir plus sur des interviews de porteurs de mémoire.










6/ LE COIN DES ÉDUCATEURS,
POUR ALLER PLUS LOIN

Cette partie dédiée aux éducateurs est une ressource notamment pour les enseignants, et pour les parents voulant partager une activité avec leurs enfants. Elle propose des activités qui permettent de comprendre cette histoire, le processus dont elle procède et les résistances, notamment par l’art, qui peuvent lui être opposées.
Histoire, Histoire des arts, Français, Enseignement moral et civique… Exemples de travaux d’élèves et de jeunes.

ART ET CULTURE

Créer pour Résister

LE COIN DES ENFANTS ET DES PARENTS

Franz Meyer : un caricaturiste au camp des Milles

LE COIN DES JEUNES

Les coulisses de la chanson « Au Camp des Milles »


« Ecrire et chanter pour se souvenir » par les élèves de 3ème B du collège Rosa Bonheur de Bruges dans le cadre du parcours « Le chant d'action, se souvenir et s'engager » (2015-2016)
Un bel exemple de projet pédagogique pluridisciplinaire.


Milles Echos : une BD connectée par et pour des jeunes

En complément de la BD (voir « le coin des jeunes »), les jeunes ont souhaité rencontrer des victimes des extrémismes et de leur cortège d’antisémitisme et de racisme, qui aujourd’hui, luttent pour que « nul n’oublie » et contre les fanatismes :
http://www.mjc-manosque.com/bio-des-personnes-interviewees/