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4/ CONVERGENCES ENTRE GÉNOCIDES

UNE APPROCHE PLURIDISCIPLINAIRE ET INTERGÉNOCIDAIRE UNIQUE AU MONDE SUR UN LIEU DE MÉMOIRE



Est-ce que c’est explicable ? Comment est-ce qu’on peut expliquer une horreur comme Auschwitz ? On voit vraiment qu’on est descendu dans des profondeurs tout à fait insondables…
Insondables…
Et tous, tous ont fini par se laisser prendre, même les meilleurs. On a d’ailleurs fini à peu près par accepter l’inacceptable, c’est ça que je ne comprends pas.

Laurent Ntezimana
Théologien rwandais, résistant hutu au génocide des tutsis



Le Site-Mémorial du Camp des Milles est un lien pertinent entre le passé et le présent. Aujourd'hui et demain dépendent en effet largement de la capacité des gens à comprendre, d'une part, comment la Shoah s'est produite et comment des mécanismes humains similaires peuvent conduire au pire, et, d'autre part, comment il est possible de résister à de telles spirales dangereuses. C’est ainsi que le Camp des Milles abrite un grand musée d'histoire centré sur l'éducation à la citoyenneté à partir d’une « section réflexive » originale, pluridisciplinaire et intergénocidaire, unique au monde, nourrie par les résultats d'un programme de recherche de 12 années.

Ces résultats sont fondés sur une “approche convergente” des mécanismes communs (individuels, collectifs et institutionnels) qui ont mené au pire au cours du XXe siècle. Les principaux points d'analyse ont été tirés à partir du processus historique de la Shoah et confirmés par l'analyse scientifique des processus ayant conduit à d'autres grands crimes génocidaires que ce soit contre les Arméniens, les Tziganes ou encore les Tutsis au Rwanda. Cette « convergence des mémoires » sur différents continents et à différentes périodes montre que les leçons tirées de la Shoah sont universelles et fournissent des clés pour comprendre certains modes récurrents du fonctionnement de l'humanité. Nous pouvons donc dire que le présent peut être éclairé avec précision par l'expérience historique et l'analyse multidisciplinaire. Dans cette perspective, la mémoire de la Shoah devient « une référence pour le présent » et pas seulement « une révérence au passé ».


Pour redécouvrir, à partir de notre outil interactif, l’engrenage qui peut mener du racisme « ordinaire » jusqu’au crime de masse, voire jusqu'au génocide.


> Pour aller plus loin : Définition du crime de génocide




TROIS ANNIVERSAIRES EN AVRIL POUR NE PAS OUBLIER ET APPRENDRE DU PASSÉ

Le mois d’avril concentre les commémorations de trois génocides : le 7 avril (Commémoration du génocide des Tutsis au Rwanda), le 24 avril (Commémoration du génocide arménien) et le dernier dimanche d’avril (Journée Nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation).

Le Camp des Milles a tenu à marquer fortement ces trois anniversaires. Par des outils pédagogiques adaptés à chacun d’entre eux et parfois créés pour cela cette année. Et avec une forte couverture médiatique et sur les réseaux sociaux.

Découvrez ici les ressources thématiques que nous avons présentées aux dates anniversaires de ces trois génocides : témoignages, vidéos, outils d’analyse et catalogues d’expositions.

Nous avons choisi de les présenter ici par ordre chronologique.



LE TSERASPANOUTIOUN DES ARMÉNIENS (1915-1916)
1,5 MILLION DE VICTIMES AUX PORTES DE L’EUROPE

Le 24 avril la Fondation du Camp des Milles a largement diffusé ces deux documents forts :

> Le témoignage d’Ovsanna Kaloustian
Sur le Chemin d’Ovsanna Kaloustian (1907-2014), d’Adabazar à Marseille

Née à Adabazar, Ovsanna a témoigné de son expérience du génocide, et transmis à ses enfants et petits-enfants sa mémoire, intacte, vibrante.
Sans relâche, elle a raconté son histoire, qui est celle d’une petite arménienne de l’Empire ottoman qui voit s’effondrer son monde et son enfance en l’espace de quelques jours. Déportée, frôlant la mort, endurant la faim, la soif, la peur, elle devient apatride et trouve enfin refuge avec les survivants de sa famille à Marseille. Ovsanna et les siens sont des vigies contre l’oubli. « Dieu m’a laissée en vie pour que je raconte » disait-elle.
Depuis son ouverture, le Site mémorial du camp des Milles a relayé sa parole.

> Le catalogue de l’exposition originale « L’ENVERS DU CHEMIN, SUR LES TRACES DU GENOCIDE ARMENIEN », produite sur place par le Site-mémorial et présentée en 2015 pour le centième anniversaire de ce génocide.
« Ces photos et ces textes d’aujourd’hui (…) sont une preuve. Une preuve par l’absence : une falaise sans nom, un pont sans passants, un rivage sans enfants, un arbre sans ombre. »
1,5 million de victimes arméniennes : ce fut le premier des grands génocides.


> Pour aller plus loin : Le Tséraspanoutioun



LA SHOAH (1939-1945)
AU COEUR DE L’EUROPE, LA PUISSANCE DE LA MODERNITÉ AU SERVICE DU PIRE

La Shoah est l’extermination systématique des Juifs par l’Allemagne nazie pour qui ils étaient des « microbes » dangereux et nuisibles qu’il fallait extirper du corps de la nation allemande, de la civilisation, de l’humanité. Le terme de Shoah signifie « catastrophe » en hébreu et est couramment utilisé en France après le film du même nom de Claude Lanzmann.

Le confinement ne doit pas étouffer la mémoire des déportés ni ce qu’elle nous apprend.

Le 26 avril dernier, le Site-mémorial du Camp des Milles a proposé un rassemblement à distance mais en direct pour une minute de silence et pour une cérémonie restreinte et symbolique à l’occasion de la Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation, et du 75e anniversaire de la libération des camps. Si aucun public n'était présent physiquement pour entendre ces noms égrenés dans le silence puis le chant des déportés entonné a cappella devant le wagon du souvenir, presque 23 000 ont regardé la cérémonie sur la page Facebook du Site-mémorial. La vidéo a fait l’objet de plus de 2000 commentaires, réactions ou partages.

> Pour revoir la cérémonie au Camp des Milles du 26/04/20 lors de la journée Nationale en souvenir des victimes et héros de la déportation

> Pour lire la dépêche AFP mondiale diffusée à cette occasion


Ce moment marquant a été précédé par la diffusion d’un message de Serge Klarsfeld, Président des Fils et Filles des Déportés Juifs de France, Président des Amis de la Fondation du Camp des Milles-Mémoire et Education.


Pour écouter le message de Serge Klarsfeld, cliquez sur la vidéo ci-contre :






Une e-conférence, pour aller plus loin, sur les enseignements d’Elie Wiesel pour une mémoire utile au présent, rescapé d’Auschwitz, Prix Nobel de la Paix, présentée par Guila Clara Kessous (PhD Harvard University, artiste de l’UNESCO) a clôturé cette journée.
Ayant obtenu son doctorat sous la direction d'Elie Wiesel, Guila Clara Kessous a partagé les enseignements des six années passées à ses côtés.
Pour regarder la vidéo :





Nous vous invitons également à lire le « Testament d’Auschwitz », de Denise Toros Marter, déportée à 16 ans à Auschwitz.
> Lire le « Testament d’Auschwitz »



Denise Toros Marter

Découvrez enfin un témoignage de la libération du Camp de Dachau-Landsberg. Par Sidney Chouraqui, alors dans la 2e DB de Leclerc qu’il avait rejoint en Libye dès 1942.



Sidney Chouraqui (à gauche sur la photo) à la libération du camp de Dachau - Landsberg.





> Pour aller plus loin : La Shoah



LE SAMUDARIPEN (1939-1945)
LA POLITIQUE GÉNOCIDAIRE CONTRE LES TSIGANES

Avec les Juifs, les Tsiganes furent les autres grandes victimes des politiques racistes nazies.

En Allemagne, comme ailleurs en Europe, au XIXe siècle, les Tsiganes sont victimes de contrôles et de discriminations. Les nazis mettent alors en œuvre une politique d’internements, de persécutions, de mauvais traitements et surtout d’exécutions de masse envers les Tsiganes, en Allemagne, mais aussi en Pologne, en Hongrie, en Croatie, en Serbie, en Roumanie…

Sur le million de Tsiganes d’Europe, on estime entre 220 000 et 500 000 les hommes, femmes et enfants qui furent déportés et assassinés entre 1939 et 1945. Le sort des Tsiganes a longtemps été négligé par les historiens et les opinions publiques, plus encore que celui des Juifs. En Allemagne, il a fallu attendre 1982 pour que le chancelier reconnaisse officiellement les massacres dont les Tsiganes ont été victimes.

Le camp pour Tsiganes de Saliers (borne vidéo présentée au Camp des Milles) :



Pour en découvrir plus sur ce thème, nous vous recommandons les lectures suivantes :

• Asséo, Henriette, Les Tsiganes, une destinée européenne, Gallimard, Paris, 2006.
• Bordigoni, Marc, Gitans, Tsiganes, Roms… Idées reçues sur monde du voyage, Cavalier bleu, Paris, 2013.
• Courthiade, Marcel, Petite histoire du peuple Rrom : première diaspora historique de l’Inde, Bord de l’eau, 2019
• Kenrick, Donald ; Puxon, Grattan, Les Tsiganes sous l’oppression nazie, CRDP Midi- Pyrénées, Toulouse, 1996.


> Pour aller plus loin : Le Samudaripen



L’ITSEMBABATUTSI AU RWANDA (1994)
LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE INCAPABLE D’ARRÊTER L’HORREUR

Dès avant l’époque coloniale, la population du Rwanda est composée de Hutus et de Tutsis : les Tutsis sont pour la plupart éleveurs, les Hutus agriculteurs. À partir de la fin du XIXe siècle, les colons allemands puis belges font de cette distinction économique et sociale une donnée raciale figée. Ils la renforcent en appuyant leur pouvoir sur les Tutsis, très minoritaires.

Lorsque le président Juvénal Habyarimana, un Hutu, est tué dans un attentat le 6 avril 1994, les autorités rwandaises profitent de cette occasion pour déclencher un génocide contre les Tutsis. Encouragées par les appels de la radio Mille Collines, les milices des Hutus Interahamwe traquent les Tutsis à travers le pays. Des civils participent aux massacres, commis le plus souvent à l’aide de machettes.
Au total, près d’un million de Tutsis, mais aussi des opposants Hutus, ont été assassinés en quelques semaines. Malgré l’ampleur de la catastrophe et son caractère prévisible tant les appels au meurtre se multipliaient depuis le début des années 1990, la communauté internationale a été incapable d’empêcher un nouveau génocide, cinquante ans après la Shoah.


Feuilletez et découvrez le catalogue d’une belle exposition photo que nous avons réalisée au Rwanda et présentée au Site-mémorial en 2014, pour le 20ème anniversaire du génocide : "Une cicatrice dans l’histoire" © photos Stéphane Dumont


Visionnez la vidéo de présentation de l’exposition :


Découvrez notre brève vidéo de présentation de ce génocide, avec le témoignage de Maurice, 5 ans au moment du génocide, sauvé grâce à un voisin… et à une petite robe.


> Pour aller plus loin : L’Itsembabatutsi

LE "PETIT MANUEL DE SURVIE DÉMOCRATIQUE" POUR COMPRENDRE ET AGIR





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L'appel des grands anciens du Site-mémorial du Camp des Milles

Sidney CHOURAQUI, Denise TOROS-MARTER, Louis MONGUILAN
> Cliquez ici pour lire le texte intégral