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2/ ART ET CULTURE

CRÉER POUR RÉSISTER

Le Site-mémorial du Camp des Milles est aussi un lieu de culture. Des événements culturels sont proposés tout au long de l’année : expositions temporaires, prestations théâtrales, ateliers, débats, conférences, performances artistiques…
Le retour de la culture vivante aujourd’hui au sein du Site-mémorial est un hommage à la mémoire des nombreux artistes internés qui ont su rester debout, créer pour résister à la déshumanisation imposée qui permet de ne plus traiter des hommes comme des humains.

L’action culturelle, en particulier auprès des jeunes, est aussi une manière de compléter par l’approche artistique et sensible, les explications que la raison, l’histoire et les autres sciences de l’homme, permettent de présenter dans la muséographie. Cette démarche est souvent menée en partenariat avec de grandes institutions culturelles régionales, nationales ou internationales.



Commençons donc cette fois par rappeler l’histoire des artistes au camp des Milles et présenter leurs œuvres retrouvées.

C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai visité le Camp des Milles et contemplé ces peintures, en pensant à la souffrance, mais aussi au courage de ceux qui les ont réalisées, avant de disparaitre dans « la nuit et le brouillard ». Souvenons-nous d’eux, préservons leurs dernières œuvres qui sont pour nous un message.

Simone Veil
Déportée à Auschwitz, Présidente d’honneur de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah



La Salle des Peintures, correspondant à l’ancien réfectoire des gardiens durant les périodes d’internement et de déportation, conserve d’immenses peintures murales colorées et humoristiques réalisées par les artistes internés.
Il n’existe pas beaucoup d’informations sur ces peintures qui ont été restaurées en 1994 par des archéologues et analysées par des historiens de l’art. Ce travail a été nécessaire car après la guerre ce bâtiment est devenu une menuiserie : la poussière, la suie et l’oubli, plus ou moins volontaire, ont recouvert les peintures jusqu’à leur restauration.
Elles ont probablement été réalisées successivement entre l’automne 1940 et l’année 1941. Il s’agit très certainement d’œuvres collectives réalisées par plusieurs artistes à la demande de l’administration du camp des Milles. Mais la plus grande d’entre elles, colorée, ironique et antiraciste, est attribuée au peintre Karl Bodek, déporté et assassiné à Auschwitz.
Cette partie du Site-mémorial fait l’objet d’un Atelier dispensé aux enfants (9-12 ans) et d’un autre pour les collégiens et lycéens.












Artistes et intellectuels au Camp des Milles :
Résister par la création

Une caractéristique essentielle du Camp des Milles réside dans l’ampleur et la diversité de la production artistique réalisée par les internés, malgré les privations et le manque de moyens. Cette production est surtout abondante durant la première période du camp, entre 1939 et 1940. Mais on la retrouve avec une intensité variable tout au long de l’existence du camp, jusqu’à l’été 1942.

Toutes les disciplines sont concernées : la peinture et le dessin, la musique, la littérature, le théâtre, la sculpture…En parallèle, des scientifiques organisaient des enseignements…


Ce foisonnement s’explique incontestablement par la présence de nombreux artistes et intellectuels, dont certains bénéficient déjà d’une renommée internationale tandis que d’autres, parmi les survivants, ne seront reconnus qu’après la guerre. Il y eut ainsi Tadeus Reichstein, prix Nobel découvreur de la cortisone, et Otto Meyerhof prix Nobel de médecine....

On a retrouvé au moins 550 œuvres d’artistes internés au Camp des Milles, pour la plupart réalisées sur place.

Voir les oeuvres



CRÉER POUR RESISTER
Max Ernst et Hans Bellmer : deux artistes surréalistes au camp des Milles

« Créer pour résister », ce thème résonne étrangement comme un appel en ces temps difficiles qui touchent notre pays, notre continent, l’humanité entière.

Bien sûr, il n’est pas question de comparer des situations incomparables. Mais, comme toutes les crises, une pandémie place chacun, individu, collectif, institution, devant un choix finalement simple de fermeture ou d’ouverture, de repli sur soi ou d’entraide, d’égoïsme ou de solidarité, d’humaniser ou de déshumaniser. L’art a su souvent sublimer le réel, dans le décalage ou l’humour, dans le génie inattendu, stimulés par le pire, par la sensibilité à vif.
L’expression artistique est un moyen de dire son ressenti tout en s’adressant aux autres, de partager ses peurs et ses espoirs, quelquefois d’agir ensemble, surtout lorsque les conditions ne semblent pas s’y prêter.
Parmi tant d’autres innocents tragiquement internés, c’est ce que firent Max Ernst et Hans Bellmer, emprisonnés aux Milles en septembre 1939 comme « sujets ennemis », alors qu’ils étaient les artistes emblématiques du surréalisme, visés comme « dégénérés » par la propagande hitlérienne, anti-nazis notoires, politiquement, esthétiquement, humainement.


Max Ernst. L’EUROPE APRES LA PLUIE II (1940-1942)
Huile sur toile. 148,2x 54,9 cm. Technique : décalcomanie.

Max Ernst crée alors un mélange de formes et de couleurs dues au hasard. Il observe et y voit apparaître des formes figuratives (personnage, animal …) Si elles ne sont pas suffisamment reconnaissables, il les termine au pinceau, ajoutant un bec, des sabots…


Max Ernst. Apatrides (1939)
Frottage, crayon et gouache blanche sur papier gris.

Max Ernst dessine ces curieuses créatures, faites de limes : Les Apatrides.
Déchu de sa nationalité par le Régime nazi, Max Ernst est lui-même devenu un apatride.

Hans Bellmer. Tête de femme sur une tour (1940) L’œuvre créée ici par l’artiste montre clairement son obsession des femmes et de l'enfermement.
En dépit des mauvaises conditions de vie que Bellmer connut aux Milles, Peter Webb estime qu'il considérait sa détention dans cette tuilerie comme la marque même de son destin d'artiste : avant même son internement, les murs de briques faisait déjà partie de ses rêves intérieurs et de ses motifs d’artiste.


Biographie de Hans Bellmer

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Biographie de Max Ernst
Max Ernst, né en 1891 à Brühl, mort en 1976 à Paris.

Biographie en images :


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Découvrir également le documentaire Arte ci-dessous : "La volupté ardéchoise avant la tempête"

CRÉER POUR RESISTER
Lion Feutchwanger (1884- 1958), un écrivain allemand raconte son internement au Camp des Milles

En 1933, Lion Feutchwanger est célèbre dans le monde entier grâce à son roman « le juif Süss » qui décrit l’antisémitisme dans l’Allemagne du XVIIIème siècle. En mai 33, les nazis brûlent les livres « anti allemands », ceux de Lion Feutchwanger partent en fumée. Dans son livre « Le Diable en France », il y dépeint son internement au Camp des Milles durant la première période de ce camp, la moins difficile mais au début de l’engrenage qui conduisit aux déportations.





DOCUMENTAIRE ARTE
Max Ernst, la volupté ardéchoise avant la tempête



Pour aller plus loin

LE "PETIT MANUEL DE SURVIE DÉMOCRATIQUE" POUR COMPRENDRE ET AGIR





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Pour résister à l’engrenage des extrémismes, des racismes et de l’antisémitisme

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L'appel des grands anciens du Site-mémorial du Camp des Milles

Sidney CHOURAQUI, Denise TOROS-MARTER, Louis MONGUILAN
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